Renault durcit son message sur les objectifs européens d’émissions de CO₂. Son directeur général François Provost estime que le groupe pourrait devoir réduire sa production en Europe si l’Union européenne ne donne pas davantage de souplesse à l’industrie pour atteindre les seuils fixés à l’horizon 2030.

Lors du Paris Automotive Summit, organisé le jour de l’ouverture au public du Mondial de l’automobile, le dirigeant a chiffré le risque à 300 000 véhicules. Sans adaptation du cadre, il indique qu’il pourrait être amené, dans un an, à proposer cette réduction au conseil d’administration. L’avertissement vise à illustrer le coût industriel d’objectifs jugés trop rigides lorsque la demande de véhicules électriques ne progresse pas au rythme prévu.

Les constructeurs européens demandent plusieurs formes de flexibilité pour les échéances 2030 et 2035. Parmi les options évoquées figure la possibilité de répartir et de moyenner les objectifs sur plusieurs années. Un tel mécanisme réduirait le risque d’amendes lors d’une année défavorable, tout en maintenant une trajectoire de baisse des émissions sur une période plus longue.

Pour Renault, l’équation oppose le respect réglementaire, le niveau de production et la rentabilité. Une réduction de volumes peut peser sur l’utilisation des usines, les coûts fixes et la chaîne de fournisseurs. À l’inverse, accélérer trop rapidement la production électrique sans demande suffisante peut entraîner des remises, des stocks et une pression sur les marges.

Le titre Renault progressait de 0,60 % autour de 27 euros au moment de l’information. Cette réaction limitée suggère que le marché traite pour l’instant la déclaration comme un avertissement adressé aux autorités plutôt que comme une décision de production déjà actée. L’impact dépendra des arbitrages européens et de l’évolution des ventes électrifiées au cours des prochains mois.