Ancien président et député, François Hollande expose dans Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Éd. Robert Laffont, 3 septembre) une feuille de route sur les retraites qui s’écarte à la fois de la ligne du PS et de la réforme Borne de 2023. Il propose que l’âge légal soit «aux alentours de 63 ans» au 1er janvier 2028, tout en privilégiant l’allongement progressif de la durée de cotisation plutôt que le simple report de l’âge de départ. Ce relèvement des durées de cotisation serait indexé «à la main des partenaires sociaux» en fonction de l’évolution de l’espérance de vie.

Sur les montants, Hollande veut limiter l’indexation des pensions «à 1 % pendant cinq ans», estimation qu’il présente comme procurant «un gain équivalent au report d’un an de l’âge de départ». Il annonce également vouloir «ajouter une part de capitalisation», sans plus de précision chiffrée dans le texte de présentation.

Pour alléger le coût du travail, il propose de rapprocher le salaire net du brut en baissant les cotisations salariales. Le financement passerait par une contribution sur «une partie des grosses successions» et par une augmentation progressive de la TVA de 20 % à 24 %. À l’inverse, la TVA sur l’énergie, les carburants et les produits alimentaires de première nécessité serait ramenée de 5,5 % à 0 %.

Hollande se laisse jusqu’à décembre pour décider d’une éventuelle candidature présidentielle. Il refuse de participer à la primaire du PS, récemment rejointe par Raphaël Glucksmann, et exclut toute alliance avec La France insoumise. Le dossier retraites, selon lui, «viendra inéluctablement sur la table».