Les cryptoactifs intéressent les épargnants jeunes attirés par les performances passées du Bitcoin et de l’Ethereum, mais l’approche doit rester prudente et intégrée dans un patrimoine diversifié. Alexandre Baradez (IG) insiste : les cryptos ne doivent pas devenir le pilier d’une allocation retraite. Elles n’offrent pas de rendement courant (dividendes ou coupons) : un ETF bitcoin, comme l’or, ne verse aucun flux régulier. En période de stagnation des cours, l’investisseur ne perçoit donc aucun revenu.

Dans une stratégie patrimoniale, les cryptos peuvent tenir la même place que l’or : un rôle de diversification. Mettre 2–3 % d’or peut se traduire par une exposition comparable en cryptos, toujours au sein d’un portefeuille construit autour d’actifs classiques (assurance-vie, PER, actions, obligations). La technique du DCA (dollar cost averaging) est conseillée pour lisser le point d’entrée et réduire le risque d’acheter juste avant une correction, compte tenu de la forte volatilité du marché.

La volatilité reste le principal facteur de vigilance. Même pour un investisseur jeune capable d’attendre plusieurs années, la surexposition est dangereuse : « Être jeune ne veut pas dire mettre 50 % de son patrimoine financier sur les cryptos », avertit l’analyste. Sa recommandation chiffrée est de conserver entre 1 et 5 % du patrimoine en cryptos, puis de réduire cette part avec l’âge — après 50 ans, viser de l’ordre de 1 %.

Enfin, l’exposition limitée peut être trompeuse si elle se concentre uniquement sur les plus grosses capitalisations : Bitcoin et Ethereum pèsent quasiment 70 % de la market cap crypto, ce qui crée une forte concentration sectorielle. Pour une logique long terme, l’angle doit rester celui de la diversification et de la prudence, en gardant à l’esprit la taille encore modeste de ce marché face aux grandes places boursières.