La France fonctionne depuis environ 80 ans sur un système par répartition, où les cotisations des actifs servent à payer les pensions des retraités. Ce modèle, fondé sur la solidarité intergénérationnelle, est aujourd’hui remis en question par plusieurs responsables politiques qui plaident pour une part de capitalisation dans le système de retraite.

À droite, des figures comme Gabriel Attal ou Édouard Philippe proposent d’introduire une dose de capitalisation (Édouard Philippe évoquant une part d’environ 15%) ou de modifier l’âge/ la durée de cotisation. Le Rassemblement national souhaite aussi privilégier la durée de cotisation et ajoute la capitalisation pour relever les pensions.

Sur la gauche, la majorité reste attachée au système par répartition, mais Philippe Brun se démarque en demandant « un système mixte avec beaucoup de capitalisation ». Lors d’une intervention sur BFMTV, il a expliqué qu’il n’y a « pas assez d’actifs par retraité » pour poursuivre sans changement et propose la création d’un fonds public et souverain, géré par les syndicats, financé par des versements annuels de 15 milliards d’euros jusqu’en 2049.

L’objectif affiché est d’atteindre environ 700 milliards d’euros d’actifs en 2050, destinés à financer des investissements dans la transition écologique, l’intelligence artificielle et la souveraineté industrielle. Brun affirme que « ce fonds rapporte aujourd’hui 4% par an et il pourrait rapporter plus », sans détailler les mécanismes précis de gouvernance, de répartition des rendements ou les modalités de protection des assurés.

La proposition de Brun s’inscrit donc dans un paysage politique en pleine recomposition sur les retraites, mêlant choix de financement public, rôle des assureurs privés et enjeux d’investissement stratégique pour l’économie française.