Le financement de la revalorisation des retraites devient un point central du budget 2027. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a indiqué que l’indexation des pensions sur l’inflation devrait être compensée par une réduction, voire une suppression, de l’abattement fiscal de 10 % accordé aux retraités.
Une indexation générale coûterait plus de 6 milliards d’euros l’an prochain. Le ministre estime que l’État ne dispose actuellement d’aucune ressource identifiée pour financer cette dépense. Maintenir à la fois l’indexation complète et l’avantage fiscal aggraverait donc le déficit, selon le raisonnement présenté.
Une solution intermédiaire consisterait à réserver la revalorisation aux pensions les plus faibles. Même dans ce scénario, l’abattement serait réduit dans une proportion correspondant au coût de l’indexation retenue. Le Premier ministre Sébastien Lecornu doit encore trancher entre les différents mécanismes.
L’abattement permet actuellement aux retraités de retrancher 10 % de leurs pensions imposables, dans la limite de 4 000 euros. Bercy évalue son coût à 6 milliards d’euros par an et considère qu’il bénéficie davantage aux retraités aisés, puisque la diminution de la base imposable procure une économie supérieure aux contribuables situés dans les tranches les plus élevées.
Créé en 1978, ce dispositif a déjà fait l’objet de propositions de réforme. Sa suppression figurait dans le projet de loi de finances pour 2025 avant d’être écartée en commission à l’Assemblée nationale. D’autres niches fiscales bénéficiant aux ménages les plus fortunés ont également été évoquées, sans précision sur leur contenu. À ce stade, aucune décision définitive n’est annoncée et l’effet individuel dépendra du niveau de pension, de l’imposition du foyer et du degré d’indexation finalement retenu.

