Richemont, propriétaire de Cartier et Van Cleef & Arpels, est en discussions pour rejoindre un consortium préparant une offre sur De Beers, selon une source proche du dossier citée par Reuters. Le diamantaire, mis en vente par Anglo American, serait valorisé autour de 1 milliard de dollars, soit environ 892 millions d’euros. Bloomberg avait également fait état de pourparlers, sans qu’une participation de Richemont soit garantie.
Le groupe suisse envisagerait de rejoindre le Global Diamond Consortium, dirigé par Gareth Penny, ancien directeur général de De Beers. Une participation donnerait à Richemont davantage d’influence sur un maillon stratégique de l’approvisionnement de ses maisons de joaillerie. L’intérêt serait donc surtout industriel et lié au positionnement de marque dans les diamants naturels, davantage qu’à un effet financier immédiat.
La prudence reste indispensable. Richemont n’a pas commenté les discussions et Anglo American a refusé de le faire. Le Botswana dispose par ailleurs d’un droit de préemption sur De Beers et n’a pas indiqué s’il entendait l’exercer. Le processus peut donc encore changer de forme ou ne pas aboutir avec le consortium évoqué.
Anglo American cherche un acquéreur depuis mai 2024, dans le cadre d’une restructuration engagée après la baisse des prix du diamant et la montée des pierres synthétiques. De Beers exploite ou explore des actifs au Botswana, en Namibie, en Angola, en Afrique du Sud et au Canada. Cette empreinte donne une dimension stratégique au dossier, mais expose aussi un éventuel investisseur aux difficultés structurelles du marché du diamant naturel.
Richemont, valorisé environ 113 milliards de dollars, disposait d’environ 9 milliards d’euros de trésorerie nette à fin juin. La taille envisagée de l’opération paraît donc limitée au regard du groupe, mais les conséquences sur l’image, l’approvisionnement et la discipline d’allocation du capital devront être évaluées si une offre ferme apparaît.


