Le financement de l’intelligence artificielle se déplace progressivement des réserves de trésorerie vers la dette et les montages hors bilan. Le projet Hyperion de Meta en Louisiane, d’une capacité de 5 gigawatts et représentant plus de 50 milliards de dollars d’investissement, illustre cette évolution.
Une coentreprise baptisée Beignet Investor a émis 27 milliards de dollars d’obligations garanties à 6,581 % échéant en 2049. Ces titres, notés A+ lors de leur émission, se négociaient autour de 91 cents pour un dollar, portant leur rendement à 7,55 % et leur écart avec les Treasuries à environ 230 points de base.
Les primes de CDS de Meta approchent aussi 100 points de base, tandis que plusieurs géants technologiques enregistrent des niveaux records. Oracle a parallèlement signalé un risque de retard d’un an pour un centre de données au Nouveau-Mexique en raison de contraintes d’approvisionnement électrique.
Le secteur prévoit environ 1 000 milliards de dollars d’investissements IA cette année et 1 200 milliards l’an prochain. Goldman Sachs estime que les hyperscalers devront générer environ 300 milliards de dollars de revenus annuels liés à l’IA pour atteindre l’équilibre. Le débat oppose donc un risque réel de surinvestissement à une éventuelle opportunité sur des obligations décotées.
