Le Royaume‑Uni a vu son taux d'inflation repartir à la hausse en juillet, à 2,9% sur un an, selon l'Office national des statistiques (ONS). Il s'agit de la première accélération depuis mars et d'une évolution conforme aux attentes du marché. Le mouvement est principalement attribué au relèvement du plafond des prix de l'énergie de 13% appliqué au 1er juillet par l'autorité de régulation Ofgem, mesure motivée par la hausse des cours du gaz liée au conflit au Moyen‑Orient.
Du côté politique, le ministre des Finances John Healey a souligné l'impact durable du conflit régional sur les prix au Royaume‑Uni, tout en défendant la résilience de l'économie britannique. Le Premier ministre Andy Burnham, arrivé à Downing Street en juillet en remplacement de Keir Starmer, a fait de la lutte contre la vie chère une priorité et a déjà annoncé des mesures ciblées: suppression de la TVA sur l'électricité cet hiver et rétablissement d'un plafond de 2 livres sur les tarifs des bus en Angleterre à partir de janvier.
Les observateurs attendent désormais le premier budget de Healey, programmé le 28 octobre, qui devrait préciser les aides aux ménages et d'éventuelles mesures fiscales. Les spéculations portent aussi sur l'ampleur et la rapidité des effets des mesures gouvernementales: Jonathan Raymond, analyste chez Quilter Cheviot, anticipe un tassement progressif de l'inflation à mesure que ces mesures agissent, mais juge peu probable une détente suffisamment rapide pour inciter la Banque d'Angleterre à envisager des baisses de taux.
Sur fond de pouvoir d'achat fragilisé par des années d'inflation élevée, l'évolution des prix de l'énergie et les décisions budgétaires à venir resteront déterminantes pour la trajectoire de l'inflation et la santé financière des ménages britanniques.


