Le produit intérieur brut (PIB) du Royaume‑Uni a affiché une progression de 0,4% au deuxième trimestre, d’après la première estimation de l’Office national des statistiques (ONS) publiée le 13 août. Ce ralentissement succède à une hausse de 0,6% sur les trois premiers mois de l’année. À la lecture mensuelle, le PIB a augmenté de 0,3% en juin, après une stabilité en mai et une légère baisse en avril.

Liz McKeown, directrice des statistiques économiques de l’ONS, juge la croissance « relativement solide » malgré le ralentissement, en soulignant le rôle prépondérant des services comme moteur de l’activité. Le décrochage trimestriel intervient dans un contexte extérieur tendu: la guerre au Moyen‑Orient a fait grimper les prix des hydrocarbures, ravivant les inquiétudes sur l’inflation et le pouvoir d’achat des ménages britanniques.

L’inflation a reculé à 2,6% en juin, mais les économistes invités par l’ONS estiment que cette accalmie pourrait être temporaire si la volatilité des prix de l’énergie se prolonge. Le ministre des Finances John Healey a reconnu la préoccupation des ménages face au coût de la vie et a averti qu’un repli de la demande des consommateurs pèse sur les entreprises et la croissance.

Le ralentissement constitue un défi politique immédiat pour le nouveau Premier ministre travailliste Andy Burnham, entré en fonction le mois dernier et ayant fait du pouvoir d’achat sa priorité. Dès son arrivée, il a annoncé des mesures ciblées: réduction des taxes sur les factures d’énergie, plafonnement du prix des billets de bus et baisse des taxes professionnelles pour les pubs, destinées à soutenir le revenu disponible et la consommation domestique.