Saab a publié un troisième trimestre porté par une accélération exceptionnelle des commandes. Le groupe de défense suédois a engrangé 65,8 milliards de couronnes suédoises de contrats, soit 216 % de plus qu’un an auparavant et 3,2 fois son chiffre d’affaires trimestriel.

Trois accords concentrent l’essentiel de cette dynamique : seize avions Gripen E destinés à l’Ukraine pour 24,6 milliards de couronnes, deux appareils de surveillance GlobalEye pour 10,1 milliards et des équipements évalués à 8,7 milliards pour de nouvelles frégates allemandes. Le carnet atteint désormais 364,2 milliards de couronnes, contre 202,4 milliards un an plus tôt. Il représente environ quatre ans et demi de chiffre d’affaires au rythme de 2025.

La progression se traduit déjà dans les comptes. Les ventes trimestrielles augmentent de 30 % à 20,6 milliards de couronnes, au-dessus du consensus. Le résultat d’exploitation avance de 42 % à 1,95 milliard et la marge opérationnelle passe de 8,7 % à 9,5 %.

La trésorerie bénéficie des acomptes versés sur les grands contrats. Le flux de trésorerie disponible atteint 5,65 milliards de couronnes, contre un montant négatif un an plus tôt. Cette structure contribue au financement de la montée en cadence par les clients.

Pour l’investisseur, l’enjeu se déplace désormais de l’obtention des commandes vers leur exécution. Saab doit augmenter ses capacités, tenir ses calendriers et préserver ses marges malgré une hausse de 47 % de ses dépenses de recherche autofinancées sur neuf mois. Le carnet procure une visibilité rare, mais il accroît aussi les exigences industrielles et le risque d’exécution sur des programmes longs.