Des scènes de pillage et de vandalisme ont touché samedi de nombreux commerces à Paris et dans plusieurs grandes villes françaises, en marge des manifestations contre la vie chère. À Paris, les premiers incidents ont été signalés autour de la place de la République avant de s’étendre à d’autres quartiers commerçants. Des magasins d’alimentation, de téléphonie, de sport, de prêt-à-porter et de luxe ont été visés.

Parmi les enseignes citées figurent notamment Monoprix, SFR, Yves Rocher, Picard, Carrefour City, Franprix et Etam. Une concession Kawasaki a été incendiée. Des tentatives d’intrusion ont également été signalées aux Galeries Lafayette. Les autorités ont recensé des incidents dans d’autres villes, dont Lille, Rennes, Strasbourg, Nancy, Clermont-Ferrand, Lyon, Perpignan, Nantes et Bordeaux. Des magasins exploités sous les marques Apple, Sephora, Orange, Nike, Starbucks, Decathlon ou Fnac apparaissent aussi dans la liste des sites touchés, qui n’était pas présentée comme exhaustive.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué des délinquants opportunistes et indiqué que les images disponibles serviraient aux enquêtes. Environ 400 interpellations avaient été annoncées samedi. Les responsables de la grande distribution ont condamné les violences. Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution et dirigeant de Carrefour, a averti de conséquences économiques et financières potentiellement lourdes.

Pour les investisseurs, l’impact immédiat devrait surtout se concentrer sur les stocks détruits ou volés, les réparations, les franchises d’assurance et les pertes de chiffre d’affaires liées aux fermetures. À l’échelle de grands groupes diversifiés, un épisode isolé reste généralement absorbable. Le risque deviendrait plus significatif si les troubles se prolongeaient, entraînaient des fermetures répétées ou pesaient sur la fréquentation des centres-villes. Les assureurs et collectivités pourraient également supporter une partie des coûts, selon la couverture des sinistres et les dispositifs d’indemnisation.