La séance du 24 août s’ouvre sous le signe de la prudence : le CAC 40 perd 0,37% à 8 453 points après avoir stoppé vendredi une série de huit baisses. À Wall Street, le Nasdaq lâche près de 0,5% et le S&P 500 recule plus modérément. Les investisseurs digèrent plusieurs risques géopolitiques et macroéconomiques, dont des sanctions américaines renforcées contre l’Iran annoncées par Scott Bessent, la publication de l’indice PCE américain et les résultats très attendus de Nvidia mercredi soir.
Washington présente une offensive financière « sans précédent » visant à réduire les revenus de Téhéran et de ses partenaires commerciaux : le rial a encore reculé de 4,5% et évolue à un plus bas historique face au dollar. Les nouvelles sanctions secondaires viseraient aussi les acteurs étrangers facilitant les flux pétroliers iraniens — la Chine en est directement concernée, puisqu’elle achète plus de 80% du pétrole exporté par l’Iran — ce qui pourrait fragiliser la trêve commerciale sino-américaine à un mois de la visite de Xi Jinping.
Le secteur automobile européen est particulièrement touché. Donald Trump propose de porter à 50% dès le 1er janvier 2027 les droits de douane américains sur les voitures, camions, pièces et acier produits au Canada. Stellantis subit une sanction immédiate : son titre recule de 4,71% à 4,43 €, signant la plus forte baisse du CAC 40 ; le groupe a déjà perdu 53% à la Bourse de Paris depuis le 1er janvier (-48% sur un an). Renault cède 1,12% au fixing à 28,31 € ; UBS confirme ses doutes pour 2027 en anticipant une marge opérationnelle <4% et abaisse son objectif de 28 € à 26 €, tout en gardant une recommandation à la vente.
Parmi les anecdotes de marché, la biotech TME Pharma s’envole de 74,89% à 0,15 € après l’annonce d’avancées dans les négociations de partenariat pour son candidat contre le glioblastome. Le groupe dispose d’une trésorerie jugée suffisante jusqu’au deuxième trimestre 2027 et estime un potentiel de ventes autour d’un milliard de dollars par an si les autorisations sont obtenues, mais aucun accord définitif n’est signé.
Enfin, la semaine comporte plusieurs rendez-vous-clés : PCE et nouvelle estimation du PIB US mercredi, résultats de Nvidia le même soir, puis Jackson Hole et le discours du président de la Fed, Kevin Warsh, vendredi. Ces événements, conjugués aux tensions géopolitiques et commerciales, sont susceptibles d’animer la volatilité des marchés.

