Samsung Electronics a publié un troisième trimestre spectaculaire, porté presque entièrement par les semi-conducteurs. Le résultat d'exploitation du groupe a atteint 107,4 billions de wons, contre 12,2 billions un an plus tôt. Dans les puces, le bénéfice a bondi à 106,5 billions de wons, soit environ quinze fois le niveau de l'année précédente, tout en restant légèrement sous l'estimation de 107,3 billions issue du consensus LSEG.
Cette amélioration repose sur la demande de mémoires avancées utilisées dans les centres de données d'intelligence artificielle. Samsung indique que sa production de mémoires HBM est déjà entièrement vendue pour l'année prochaine. Le groupe estime que la demande liée à l'IA dépassera largement l'offre du secteur en 2027 et que le marché restera tendu jusqu'en 2028, notamment parce que la construction de nouvelles capacités prend du temps.
Pour accompagner ce cycle, Samsung prévoit une forte augmentation de ses investissements. Les dépenses de sa division puces ont déjà progressé de 62 % cette année, à 76,8 billions de wons. Le groupe a aussi signé des contrats d'approvisionnement de long terme avec dix grands clients et négocie avec dix autres. Son objectif est que ces accords couvrent 60 % à 70 % de sa capacité totale d'ici 2030.
La réaction boursière rappelle cependant qu'une forte croissance ne suffit pas lorsque les attentes sont très élevées. L'action a perdu jusqu'à 6,2 % après une ouverture positive. Les investisseurs ont surtout sanctionné l'absence de nouveau programme de rachat d'actions ou de dividende exceptionnel. Samsung a renvoyé à janvier la présentation de sa prochaine politique de redistribution, alors que SK Hynix venait de communiquer des perspectives jugées plus généreuses et plus optimistes.
Pour l'investisseur, le trimestre confirme la puissance du cycle des mémoires pour l'IA, mais aussi plusieurs risques. Les prix élevés peuvent freiner la demande des fabricants de smartphones et d'ordinateurs. L'activité de fonderie reste déficitaire et les investissements massifs pèseront sur les flux de trésorerie. Enfin, la moindre visibilité sur le retour aux actionnaires peut maintenir une décote à court terme. La décision de janvier, l'évolution des prix des mémoires et la montée en cadence des puces HBM seront donc déterminantes pour juger si le repli actuel constitue une opportunité ou une simple normalisation des attentes.
