L’action Schneider Electric a perdu environ 8% en début de séance, dans un CAC 40 en baisse de 0,50%, après l’annonce de l’acquisition de PTC. Le groupe français propose 22,6 milliards de dollars, soit environ 20,1 milliards d’euros, pour l’éditeur américain de logiciels industriels. Le prix représente une prime de 42,3% sur le dernier cours de clôture de PTC et de 46,1% sur sa moyenne pondérée des 30 séances précédentes.
Sur le plan stratégique, l’opération renforce l’offre logicielle de Schneider Electric dans la gestion du cycle de vie des produits et la conception assistée par ordinateur. PTC compte plus de 30 000 clients, a réalisé 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et affiche une marge d’EBITA ajusté proche de 40%. Avec Aveva et PTC, le portefeuille logiciel de Schneider dépasserait 5 milliards d’euros de revenus; les logiciels et services représenteraient 24% du chiffre d’affaires pro forma.
Les analystes cités jugent cette complémentarité industrielle crédible, mais soulignent que la création de valeur reposera largement sur des synergies commerciales, généralement plus longues et plus incertaines que des réductions de coûts. Les interrogations sur l’impact de l’intelligence artificielle sur les valorisations des éditeurs de logiciels restent également présentes.
Le financement concentre l’essentiel des inquiétudes. Selon AlphaValue, Schneider mobiliserait 5 à 6 milliards d’euros de fonds propres et 16 à 17 milliards d’euros de dette, portant le levier financier vers trois fois l’Ebitda. La suspension prévue du programme de rachat d’actions en 2027 renforce la crainte d’une allocation du capital moins favorable à court terme. La finalisation de l’opération est attendue au troisième trimestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires.
Les fondamentaux opérationnels du groupe restent néanmoins solides. Deutsche Bank anticipe une activité dynamique dans la gestion de l’énergie et l’automatisation industrielle, et envisage un relèvement de l’objectif de croissance organique 2026 à 12%-15%, contre 10%-13% auparavant. La réaction boursière traduit donc moins un rejet de PTC qu’une demande de preuves sur le financement, l’intégration et le retour sur investissement.
