Schneider Electric franchit une nouvelle étape dans sa trajectoire 2026. Le spécialiste français des équipements électriques a relevé pour la deuxième fois de l’année ses objectifs de croissance, porté par la demande des grands acteurs du cloud pour les infrastructures de centres de données liées à l’intelligence artificielle.

Le groupe vise désormais une progression organique de son chiffre d’affaires comprise entre 12 % et 14 %, contre une fourchette précédente de 10 % à 13 %. Il anticipe parallèlement une croissance organique de l’Ebita ajusté de 18 % à 21 %, alors que l’objectif antérieur allait de 14 % à 19 %. Le relèvement simultané des ventes et du résultat opérationnel suggère que Schneider ne bénéficie pas seulement de volumes plus élevés : la nouvelle fourchette implique aussi une contribution favorable de la rentabilité.

Le troisième trimestre fournit le socle de cette révision. Le chiffre d’affaires a atteint un record de 11,46 milliards d’euros, soit une croissance organique de 16,9 %. Le consensus communiqué par l’entreprise tablait sur 11,13 milliards d’euros. L’écart positif confirme la vigueur des commandes liées à l’électrification et, surtout, à la construction de capacités informatiques nécessaires aux usages d’intelligence artificielle.

Pour les investisseurs, Schneider apparaît comme un fournisseur d’infrastructures plutôt que comme un pari direct sur un modèle ou un logiciel d’IA. Cette position lui permet de capter les dépenses en alimentation électrique, distribution et gestion énergétique engagées par les opérateurs de centres de données. Elle n’élimine toutefois pas le risque cyclique : si les clients cloud ralentissaient leurs programmes d’investissement, la croissance pourrait se normaliser rapidement après une phase exceptionnelle.

La prochaine étape sera donc de vérifier la conversion de cette demande en marge et en trésorerie. Le relèvement des objectifs réduit le risque de déception pour 2026, mais il élève aussi le niveau d’exigence intégré dans la valorisation. Les investisseurs devront surveiller la capacité de production, l’exécution des projets et la pérennité des budgets consacrés aux centres de données.