Depuis plusieurs canicules successives la source des Prâles, qui alimente Quincy-le-Vicomte et Quincerot, est asséchée. Là où trois puits captaient le ruisseau jusqu’à la station de pompage, la station ne fournit aujourd’hui que 20 m3 par jour alors qu’il en faudrait 50 à 60 m3, selon Gilles Robillard, premier adjoint de Quincerot. Pour pallier ce déficit, un camion-citerne ravitaille les communes deux à trois fois par semaine ; la citerne contient 14 000 litres et nécessite huit reprises pour être vidée.
Le camion se rend d’abord à Saint-Rémy, située à cinq kilomètres, pour prélever de l’eau sur une borne à incendie alimentée par une nappe alluviale, avec l’appui de la mairie voisine. Une douzaine de bénévoles assurent ensuite les rotations jusqu’aux habitants : mise en place du tuyau, désinfection sommaire et distribution. En 2025, quatre journées de citernage avaient coûté 8 400 € ; pour 2026, avec 15 jours commandés et la saison encore en cours, la facture est estimée autour de 25 000 €. Le Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable (Siaep) a obtenu qu’un bénévole accompagne le conducteur de la citerne pour réduire les coûts.
La pénurie transforme les comportements locaux : récupération des eaux de douche, renoncement au potager, réduction du passage des asperseurs (de trois à deux passages par nuit) et distribution d’un prospectus d’économie d’eau. Les professionnels sont touchés : un héliciculteur évoque des pertes d’environ 50%.
Des solutions structurelles sont étudiées : interconnecter six communes longant l’Armançon au syndicat Sésam — sept kilomètres de réseau à financer au prorata pour un coût supérieur à 2 millions d’euros — et lancer une étude sur plusieurs puits locaux. Le taux de nitrate dans la commune atteint régulièrement 45 mg/L, proche du seuil réglementaire de 50 mg/L, ce qui pose aussi la question de la qualité de l’eau. Un vieux puits pourrait être relié à la nappe alluviale pour améliorer quantité et qualité.

