Anthropic chercherait à faire financer une partie de ses besoins en puces par des fonds de Blackstone, selon une information du Financial Times. Le gestionnaire d’actifs investirait 9 milliards de dollars dans une dette adossée aux loyers qu’Anthropic verserait pendant cinq ans pour utiliser ces équipements. Le rendement proposé dépasserait 10 %. Reuters indique ne pas avoir pu confirmer immédiatement ces éléments.

Le montage décrit transforme des paiements de location futurs en garantie d’un financement immédiat. Pour Anthropic, l’intérêt serait d’accéder à une capacité informatique coûteuse sans immobiliser d’emblée la totalité du capital nécessaire à l’achat des puces. Pour Blackstone, le rendement à deux chiffres rémunérerait une exposition qui dépendrait de la solidité du contrat de location, de la capacité d’Anthropic à honorer ses paiements et de la valeur économique des équipements sur la durée.

L’opération montre surtout combien la course aux modèles d’intelligence artificielle déplace le besoin de financement vers le crédit privé et les actifs d’infrastructure. Un rendement supérieur à 10 % est élevé pour une dette garantie par des loyers : il peut refléter la taille de l’engagement, la concentration du risque sur un locataire et l’obsolescence rapide des semi-conducteurs spécialisés.

Pour les investisseurs, le point central n’est donc pas seulement la croissance de l’IA, mais la manière dont elle est financée. L’augmentation des engagements hors bilan ou assimilés à des loyers peut accélérer le déploiement de capacités, tout en rendant plus importante l’analyse des échéances contractuelles, des garanties et du coût total du capital. Tant que les parties n’ont pas confirmé les modalités, les chiffres doivent être traités comme ceux d’un projet en discussion.