Nvidia serait en discussions pour accroître son exposition à Reflection AI, une jeune entreprise spécialisée dans les outils d’intelligence artificielle appliqués au développement logiciel. Selon les informations rapportées par le Financial Times, plusieurs scénarios seraient envisagés : un investissement supplémentaire, une acquisition complète ou une opération de type « acqui-hire », dans laquelle Nvidia recruterait l’équipe et obtiendrait une licence sur la technologie.

À ce stade, rien n’est conclu. Les discussions seraient encore préliminaires, pourraient prendre plusieurs formes et pourraient aussi échouer. Nvidia et Reflection AI n’ont pas commenté l’information, que Reuters indiquait ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante. Cette absence de confirmation impose de distinguer les intentions prêtées aux parties d’une opération effectivement signée.

L’intérêt potentiel pour Nvidia se situe dans les logiciels et les agents capables d’automatiser certaines tâches de programmation. Reflection AI a été fondée en 2024 par Misha Laskin et Ioannis Antonoglou, deux anciens chercheurs de DeepMind. L’entreprise a récemment lancé Beam, son premier modèle à poids ouverts, avec l’ambition de se positionner sur les usages de codage et d’agents face à des modèles moins coûteux comme DeepSeek et Kimi.

Le Financial Times rapporte également que Nvidia aurait déjà investi 800 millions de dollars dans Reflection AI. Le dirigeant de la start-up avait par ailleurs déclaré à CNBC en avril qu’une nouvelle levée était menée sur la base d’une valorisation préfinancement de 25 milliards de dollars. Ces montants illustrent les attentes élevées autour du secteur, mais ils ne renseignent ni sur le prix d’une éventuelle opération ni sur sa rentabilité future.

Pour les investisseurs, le dossier montre surtout que Nvidia cherche à renforcer son influence au-delà des puces et des infrastructures. Une acquisition ou une licence pourrait rapprocher le groupe des couches logicielles où se créent les usages, mais elle augmenterait aussi les risques d’intégration, de valorisation et d’examen réglementaire. Tant qu’aucun accord n’est annoncé, la discipline consiste à suivre les confirmations officielles plutôt qu’à intégrer immédiatement l’opération dans les perspectives financières de Nvidia.