La suspension par les États-Unis du programme de certification permanente du travail, une étape associée à certaines demandes de carte verte, ne devrait pas bouleverser à court terme le fonctionnement des grandes sociétés informatiques indiennes. Les analystes estiment que leur exposition directe est devenue limitée après plusieurs années de recrutement local accru aux États-Unis.

Selon ICICI Securities, les entreprises indiennes du secteur représentaient moins de 2 % des demandes PERM déposées entre octobre 2024 et septembre 2025. Tata Consultancy Services a pour sa part indiqué avoir présenté moins de dix demandes au cours des deux dernières années. Le groupe ne prévoit donc pas d’effet sur sa stratégie de main-d’œuvre ni sur ses engagements auprès des clients.

Nasscom, l’organisation professionnelle du secteur, souligne également que les entreprises ont réduit leur dépendance aux visas H-1B. Relativement peu de salariés passeraient désormais de ce visa à la résidence permanente par la procédure PERM. Cette évolution explique pourquoi le risque immédiat sur le chiffre d’affaires paraît contenu.

Le marché a accueilli la nouvelle sans panique. L’indice indien des technologies de l’information a progressé d’environ 3,5 %, soutenu par TCS après des résultats trimestriels encourageants. La mesure américaine touche néanmoins un secteur déjà fragilisé : les valeurs informatiques indiennes ont perdu environ 25 % depuis le début de l’année, contre 14 % pour l’indice de référence, alors qu’elles réalisent l’essentiel de leurs revenus aux États-Unis.

Le principal enjeu se situe donc au-delà des prochains trimestres. Une incertitude durable sur la résidence permanente peut compliquer la fidélisation des salariés installés aux États-Unis. Un recours plus important au recrutement local et à la sous-traitance pourrait aussi accroître les coûts et peser sur les marges. Ces pressions s’ajoutent aux transformations liées à l’intelligence artificielle dans une industrie indienne des services technologiques évaluée à 315 milliards de dollars.