Le cuivre ne se négocie plus comme un marché parfaitement unifié. Selon la responsable mondiale des métaux du CME Group, les prix observés à New York, Londres et Shanghai reflètent désormais davantage les conditions locales d’offre, de demande et de politique commerciale.
La Bourse des métaux de Londres reste la référence mondiale, mais son rôle est concurrencé par le Comex américain et la Bourse à terme de Shanghai. Aux États-Unis, la perspective de droits de douane sur les importations a créé une prime sur le cuivre coté au Comex. Le contrat américain a atteint un record de 6,83 dollars la livre, soit 15 057 dollars la tonne, le 22 septembre. Depuis l’ouverture d’une enquête américaine sur de possibles droits de douane, le Comex se négocie généralement au-dessus du LME.
Cet écart a attiré d’importants volumes physiques vers les États-Unis. Plus de 700 000 tonnes sont désormais stockées dans des entrepôts agréés par le Comex. Leur retour vers d’autres régions ne serait économique que si le prix londonien ou les primes européennes progressaient suffisamment pour couvrir les coûts de réacheminement.
En Chine, premier producteur et consommateur mondial de cuivre raffiné, la référence de Shanghai est jugée plus représentative des équilibres domestiques. Cette fragmentation crée des opportunités d’arbitrage, mais aussi de nouveaux risques pour les industriels et les investisseurs : le prix payé peut dépendre davantage de la localisation, des taxes et de la disponibilité physique.
Le phénomène est stratégique car le cuivre reste indispensable aux réseaux électriques, aux véhicules électriques et à la construction. Une hausse d’un contrat ne signifie donc plus nécessairement que la tension est identique partout dans le monde.

