Les données Morningstar relayées par le Wall Street Journal montrent qu’à la fin juin seulement 13% des fonds actions américaines à grande capitalisation gérés activement ont surpassé des fonds passifs comparables sur dix ans, en rendements nets de frais. Sur la période plus courte des 12 mois achevés le 30 juin, la proportion de gestion active ayant battu les passifs est remontée à 27%, indiquant une amélioration mais restant minoritaire.
Plusieurs éléments structurels expliquent ce bilan. Les écarts de performance entre valeurs d’un même indice ont atteint des niveaux inédits depuis des décennies, ce qui théoriquement favorise la sélection active. Toutefois, le S&P 500 et le Nasdaq 100 restent entraînés par un petit nombre de grandes valeurs technologiques : les dix plus grosses sociétés du S&P 500 pèsent désormais plus de 40% de l’indice, la plus forte concentration depuis les années 1960 selon Dow Jones Market Data. Beaucoup de gérants actifs évitent de reproduire une telle concentration par prudence, ce qui les expose à sous-performance lorsque ces méga-capitalisations continuent de progresser.
Conséquence: les investisseurs fuient les fonds actifs au profit d’ETF passifs moins coûteux et plus efficaces fiscalement. Les encours passifs américains ont rattrapé les actifs des fonds actifs en 2020 et représentent aujourd’hui près du double, d’après l’Investment Company Institute. Les ETF passifs pourraient attirer un record d’environ 1.000 milliards de dollars de flux nets cette année.
La gestion active n’est pas en échec partout : sur le crédit, environ 66% des fonds obligataires intermédiaires de base ont battu leurs indices au cours de l’année écoulée, et une majorité l’a fait trois années consécutives. State Street Global Advisors suggère d’utiliser des ETF peu coûteux pour l’exposition actions large et d’allouer la gestion active aux segments — comme la dette — où la surperformance est plus probable.
