Shein a annoncé qu'elle entrerait en Bourse à Hong Kong le 1er septembre, avec une fourchette de prix fixée entre 47,60 et 49,50 dollars de Hong Kong pour 280 millions d'actions. À la borne haute, l'opération permettrait de lever jusqu'à 13,86 milliards de HKD (environ 1,5 milliard d'euros) et valoriserait le groupe à 210,3 milliards de HKD (≈23 milliards d'euros). Le prix final sera communiqué le 31 août avant la première cotation.

Fondée en 2012 et désormais basée à Singapour, Shein met en avant sa stratégie d'« ultra fast fashion » : renouvellement très rapide des collections à bas prix, appui sur l'industrie textile chinoise et un réseau logistique performant. Le site dessert plus de 150 pays, revendique 273 millions de clients dont 23 millions en France, et a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 41,8 milliards de dollars, plus d'un milliard de commandes et un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars.

Le groupe a cependant connu un retournement en 2026 : une perte nette de 99 millions de dollars au premier trimestre et un chiffre d'affaires quasi stable en glissement annuel. Shein invoque une concurrence accrue, des évolutions réglementaires défavorables (notamment la suppression par les États‑Unis de l'exemption de franchise douanière pour les petits colis) et des droits de douane supplémentaires. L'entreprise reconnaît qu'elle ne peut garantir aux futurs actionnaires un retour à la croissance rapide des débuts.

Outre les défis commerciaux, Shein fait face à des critiques sur son impact environnemental et à des sanctions réglementaires en Europe — la France lui a infligé plusieurs amendes et le Parlement a adopté fin juin une loi visant à freiner les plateformes de mode éphémère. Pour compenser des surcoûts, la société explore des options comme une augmentation des prix, tout en cherchant à renforcer ses capacités technologiques et son expansion internationale. Shein avait reçu début juillet le feu vert du régulateur chinois pour sa cotation à Hong Kong.