Shein prépare son entrée en Bourse à Hong Kong avec une mise en vente de 280 millions d'actions à un prix médian fixé à 48,56 dollars de Hong Kong (5,34 euros), visant à lever environ 1,5 milliard d'euros. La valorisation retenue pour l'opération est de 22,6 milliards d'euros, nettement inférieure à l'estimation d'environ 86 milliards d'euros lors de sa levée de fonds de 2022.
Fondée en Chine en 2012 et désormais basée à Singapour, Shein s'est imposée comme un leader de « l’ultra fast fashion » grâce à des collections renouvelées très rapidement, des prix très bas et une forte présence sur les réseaux sociaux. Le groupe revendique 273 millions de clients à travers plus de 150 pays, dont 23 millions en France, et a livré plus d'un milliard de commandes en 2025.
Sur le plan financier, Shein a réalisé en 2025 un chiffre d'affaires de 41,8 milliards de dollars et un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars. Toutefois, le début 2026 a marqué un retournement avec une perte nette de 99 millions de dollars au premier trimestre. Dans son document d'introduction, l'entreprise met en avant des éléments comptables expliquant ce recul et avertit qu'elle ne peut garantir le rythme de croissance des années précédentes.
Shein justifie l'utilisation majoritaire des fonds levés pour renforcer ses capacités technologiques et son développement international. Mais le groupe fait face à des vents contraires réglementaires et fiscaux: suppression par les États-Unis d'une exonération sur les petits colis, surtaxes américaines supplémentaires, contrainte réglementaire en Hong Kong levée récemment et une attention accrue des autorités européennes.
En France et dans l'UE, des mesures récentes ciblent le modèle de Shein: adoption d'un malus pour les produits ultra-éphémères et instauration d'une taxe de 3 euros sur chaque catégorie de produit importée dans les petits colis, susceptible d'avoir contribué à une baisse de 30-40% de ces importations.


