Le projet de cotation américaine de Solidigm place SK Hynix face à un enjeu réglementaire qui dépasse le seul calendrier d’une introduction en Bourse. Lors d’une audition parlementaire, Lee Chan-jin, gouverneur du Service sud-coréen de supervision financière, a indiqué que son institution et la Commission des services financiers considéraient que l’opération pouvait être contraire aux règles nationales sur la double cotation.

Le point juridique central reste à trancher. Les autorités attendent une interprétation officielle afin de savoir si une cotation aux États-Unis obligerait Solidigm ou sa maison mère à procéder auparavant à un enregistrement de titres en Corée du Sud. Cette clarification conditionnera la structure possible de l’opération et pourrait en ralentir la préparation.

Des informations publiées en septembre évoquaient une introduction possible dès l’année prochaine, avec une valorisation pouvant atteindre 150 milliards de dollars. Ce montant donne une idée de l’importance potentielle de l’opération pour SK Hynix, mais il ne constitue pas une valorisation acquise. L’incertitude réglementaire devient donc un paramètre à part entière pour les investisseurs qui tentent d’évaluer la création de valeur liée à Solidigm.

Le contexte a changé en juillet, lorsque la Corée du Sud a renforcé les règles destinées à protéger les actionnaires minoritaires lors de la cotation d’une filiale, y compris à l’étranger. Les conseils d’administration doivent notamment obtenir les consentements requis avant de poursuivre une telle opération. Ces exigences visent à éviter qu’une filiale prometteuse soit valorisée séparément au détriment des porteurs de la société mère.

SK Hynix affirme examiner des dispositifs susceptibles de préserver les intérêts de ses actionnaires. La réaction du marché dépendra donc moins d’une date hypothétique que de trois éléments : l’avis formel des régulateurs, la structure retenue et la part de la valeur de Solidigm qui resterait effectivement accessible aux actionnaires de SK Hynix.