Le projet de rapprochement entre Smith & Nephew et les activités américaines de prothèses de hanche et de genou de Johnson & Johnson n’a pas abouti, malgré des discussions avancées. Selon les informations rapportées, les parties s’étaient largement accordées sur les paramètres financiers et la structure de l’opération, mais ont buté sur le choix du dirigeant du nouvel ensemble.
Smith & Nephew souhaitait conserver son directeur général Deepak Nath à la tête du groupe, tandis que Johnson & Johnson défendait la candidature de Namal Nawana, ancien patron de Smith & Nephew. Ce désaccord de gouvernance a interrompu un projet d’une taille considérable : la proposition aurait valorisé les actifs concernés de Johnson & Johnson jusqu’à 22 milliards de dollars, soit presque deux fois la capitalisation de Smith & Nephew, estimée à 9,4 milliards de livres. Les actionnaires de Johnson & Johnson auraient détenu 50,1 % de la nouvelle société.
L’intérêt stratégique reste lisible. Johnson & Johnson cherche à séparer DePuy Synthes et vise une opération à l’horizon de la mi-2027, après avoir aussi suscité l’intérêt de fonds de capital-investissement. Un rapprochement avec Smith & Nephew pourrait créer un acteur plus puissant dans les implants orthopédiques, répartir les coûts de recherche et de commercialisation, et renforcer le pouvoir de négociation face aux hôpitaux.
Pour les investisseurs, l’échec actuel ne ferme donc pas nécessairement le dossier. Les analystes cités jugent que la complémentarité des actifs et la volonté de Johnson & Johnson de se désengager de cette activité pourraient ramener les deux groupes à la table. Le point déterminant sera la capacité à résoudre la gouvernance sans dégrader la discipline financière ni accroître excessivement le risque d’intégration pour Smith & Nephew.

