SoftBank envisage l’acquisition d’Allied Universal, un prestataire américain de services de sécurité, dans une transaction qui pourrait valoriser la cible autour de 18 milliards de dollars, selon une source proche du dossier. Les discussions en sont encore à un stade préliminaire. Aucun accord définitif n’a été conclu et le prix éventuel n’est pas arrêté.

Allied Universal fournit du personnel de sécurité aux entreprises, aux sites sensibles et aux grands événements. Le groupe développe aussi sa présence dans les centres de données, où il intervient dans le développement et l’exploitation des installations. Cette exposition donne à l’opération potentielle un angle plus large qu’un simple rachat de services traditionnels : elle placerait SoftBank au contact direct d’une infrastructure essentielle à l’expansion de l’intelligence artificielle.

Le projet s’inscrit dans l’intérêt croissant de Masayoshi Son pour l’IA, la robotique et l’automatisation. À terme, SoftBank chercherait à remplacer une partie de certaines tâches de sécurité par des robots, même si le déploiement d’agents humanoïdes devrait prendre du temps. Le groupe a déjà conclu l’an dernier un accord visant à acquérir l’activité robotique d’ABB pour 5,4 milliards de dollars.

Pour les investisseurs, l’enjeu principal serait la cohérence financière de cette diversification. Allied apporterait des revenus de services et une présence dans les centres de données, mais une valorisation de 18 milliards de dollars représenterait un engagement majeur. Il faudrait examiner la dette éventuelle, les synergies réellement accessibles et le calendrier nécessaire pour convertir l’automatisation en gains de productivité.

SoftBank est connu pour ses investissements technologiques de grande ampleur, notamment via le Vision Fund, sa participation majoritaire dans Arm et ses précédents paris sur Alibaba ou WeWork. Cet historique invite à distinguer le potentiel stratégique de l’exécution financière. SoftBank a refusé de commenter et Allied Universal n’avait pas répondu à Reuters. Tant qu’un accord n’est pas annoncé, cette opération doit donc rester considérée comme une hypothèse de marché.