SpaceX s’apprête à publier ses deuxièmes résultats depuis son introduction en Bourse, mardi après la clôture. Le consensus LSEG cité par Reuters table sur 12,74 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un bénéfice par action de 0,14 dollar. Le trimestre précédent, le groupe avait généré 7,8 milliards de dollars de revenus.

La comparaison entre croissance et intensité capitalistique sera au centre de la lecture. Au deuxième trimestre, les dépenses consacrées aux infrastructures d’intelligence artificielle ont atteint 15,8 milliards de dollars, soit un peu plus de deux fois le chiffre d’affaires de la période. Cette disproportion ne condamne pas la stratégie, mais elle oblige l’entreprise à montrer que les nouvelles capacités deviennent opérationnelles et se traduisent par des contrats facturés.

La direction ambitionne un rythme annualisé de revenus de 100 milliards de dollars d’ici la fin de l’année. Elle n’a toutefois pas fourni de prévisions formelles pour le troisième trimestre ni pour 2026. Les chiffres publiés devront donc être examinés avec prudence : un objectif de rythme de revenus ne renseigne pas, à lui seul, sur la marge, les besoins de financement ou la génération de trésorerie.

Starlink constitue l’un des principaux moteurs identifiables. Les revenus de connectivité ont progressé de 66 % au deuxième trimestre, à 4,3 milliards de dollars. En parallèle, l’acquisition de fréquences destinées aux services mobiles par satellite a déjà coûté 8 milliards de dollars. Les investisseurs chercheront à mesurer si cette dépense élargit suffisamment le marché adressable et accélère la monétisation.

Le marché pourrait accepter un niveau d’investissement encore élevé si la croissance des revenus et la visibilité sur les contrats s’améliorent. À l’inverse, une montée des coûts sans progrès clair vers la trésorerie positive raviverait les interrogations sur la rentabilité. Au-delà du bénéfice par action, les indicateurs les plus utiles seront donc le rythme de déploiement, la contribution de Starlink, les engagements commerciaux et tout élément chiffré sur les flux de trésorerie.