STIF affiche encore une forte croissance au premier semestre 2026, mais la perte progressive des volumes liés à Tesla modifie profondément son profil financier. Le chiffre d’affaires semestriel atteint 55,3 millions d’euros, en hausse de 50,8 % sur un an. La croissance organique s’établit à 10 %, tandis que l’EBITDA progresse de 37,6 % à 12,6 millions d’euros. Le résultat net part du groupe augmente de 17,5 % à 7,5 millions.

Ces chiffres rétrospectifs restent solides, mais les objectifs futurs ont été revus en baisse. STIF vise désormais environ 110 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026 et une marge d’EBITDA proche de 18 %. Cette prévision implique un second semestre beaucoup moins dynamique, avec une base de coûts qui ne devrait être ajustée qu’en 2027.

La rupture avec Tesla pèse surtout sur le cap fixé pour 2030. Le groupe ramène son objectif de chiffre d’affaires à 170 millions d’euros, contre 200 millions auparavant, et vise une marge d’EBITDA d’environ 17 %, au lieu d’un niveau supérieur à 20 %. Cette révision réduit à la fois la croissance attendue, la rentabilité et la visibilité du modèle.

Une note d’analyste estime que la dette nette pourrait revenir à 22,6 millions d’euros à la fin de 2026, contre 26,3 millions au 30 juin. Elle considère également que 2027 pourrait constituer le point bas opérationnel après la disparition des volumes Tesla. Au cours de 19,85 euros mentionné dans l’analyse, STIF se négocierait sur la base de 6,2 fois l’EBITDA estimé pour 2026 et 7,4 fois celui de 2027. Ces multiples reposent toutefois sur des prévisions et non sur des résultats acquis.

Le dossier devient donc un pari sur la diversification commerciale. La correction du titre peut paraître sévère au regard des résultats du premier semestre, mais elle traduit une dégradation réelle du scénario à long terme. La capacité de STIF à remplacer les revenus de Tesla, protéger sa marge et adapter rapidement ses coûts déterminera si la baisse offre une opportunité ou reflète durablement un risque plus élevé.