Strategy fait face à un nouveau risque boursier indépendant de l’évolution immédiate du bitcoin. MSCI a adopté de nouvelles règles qui rendront les sociétés considérées comme non opérationnelles inéligibles à ses indices mondiaux Global Investable Market. Le changement doit s’appliquer à la clôture du 30 novembre, après la publication, le 11 novembre, de la liste définitive des entreprises concernées.
La société de Michael Saylor, présente dans les indices MSCI USA et MSCI World, figure parmi les candidats à une exclusion. Le groupe japonais Metaplanet est également concerné, tandis que SharpLink et plusieurs autres sociétés détenant des actifs numériques sont placées sous surveillance.
L’enjeu est important car les fonds indiciels et les autres investisseurs passifs doivent ajuster leurs portefeuilles lorsque la composition d’un indice change. Strategy avait estimé l’an dernier qu’une exclusion provoquerait environ 2,8 milliards de dollars de ventes de ses actions. Ce montant constitue une estimation communiquée par l’entreprise, et non un flux déjà constaté.
MSCI avait initialement envisagé de cibler les sociétés de trésorerie en actifs numériques, considérées comme proches de fonds d’investissement. Après avoir reporté cette approche, le fournisseur d’indices a mené une révision plus large concernant toutes les sociétés non opérationnelles. Les nouveaux critères s’intéressent notamment aux actifs d’exploitation détenus par les entreprises.
Avant l’ouverture de Wall Street vendredi, l’action Strategy reculait de 2,7 %. La société, qui finance ses achats de bitcoins par des émissions d’actions et de dette, affichait une capitalisation d’environ 64,3 milliards de dollars à la clôture de jeudi.
Pour les investisseurs, la décision de MSCI peut créer un choc technique ponctuel en plus de l’exposition structurelle du titre au bitcoin. La date du 11 novembre sera donc décisive pour mesurer le périmètre exact et préparer l’éventuel rééquilibrage de fin novembre.

