L’idée d’un rachat de Chipotle par Starbucks ne convainc pas les analystes. Selon une information du Financial Times, Starbucks aurait étudié une éventuelle acquisition de la chaîne de restauration mexicaine autrefois dirigée par son actuel directeur général, Brian Niccol. Le groupe de cafés n’a pas commenté le scénario et affirme rester entièrement concentré sur son redressement.
Le principal obstacle est industriel. BTIG juge les chaînes d’approvisionnement et les opérations trop différentes pour dégager des gains évidents. Le courtier estime aussi qu’une transaction pourrait diluer fortement les actionnaires de Starbucks et compliquer la gestion simultanée de deux marques déjà très importantes. William Blair ne voit pas davantage de synergies commerciales claires et considère que les économies d’achats resteraient limitées.
Le financement constitue un second point de fragilité. La dette nette de Starbucks atteignait 9,4 milliards de dollars en juin. Selon William Blair, l’acquisition serait difficile à structurer et pourrait porter l’endettement de l’ensemble fusionné à environ six fois, un niveau élevé pour une société de restauration cotée. D.A. Davidson évalue à 20 % ou moins la probabilité que l’opération aboutisse, compte tenu de la différence entre les concepts et de l’absence de complémentarités manifestes.
L’expérience de Brian Niccol chez Chipotle pourrait réduire une partie du risque d’exécution. Elle ne supprimerait cependant ni le coût financier ni la complexité opérationnelle. Pour Starbucks, la question centrale reste l’allocation du capital : engager une acquisition majeure maintenant pourrait ralentir les efforts consacrés à l’amélioration des ventes, du service et de la rentabilité du réseau existant.
Pour les investisseurs, cette rumeur met surtout en lumière les limites financières du groupe et le prix qu’il faudrait accepter pour accélérer sa transformation. En l’absence d’annonce officielle, le scénario doit être traité comme une hypothèse, non comme une opération acquise.


