La hausse des valeurs liées à l’intelligence artificielle se prolonge malgré les avertissements sur les risques technologiques, réglementaires et financiers. Le marché continue de privilégier un scénario optimiste dans lequel les investissements massifs des grands groupes américains débouchent sur des gains de productivité, de nouveaux revenus et des bénéfices durables.

Les cinq principaux hyperscalers cités, Alphabet, Amazon, Meta Platforms, Microsoft et Oracle, devraient consacrer environ 750 milliards de dollars aux infrastructures d’IA en 2026, soit l’équivalent de 38 % de leurs revenus, selon S&P Global. Meta prévoit entre 130 et 145 milliards de dépenses cette année, dont 115 milliards pour les infrastructures. Microsoft projette 175 milliards et Alphabet entre 180 et 190 milliards.

Cette vague d’investissement alimente la demande en centres de données, cloud, énergie et semi-conducteurs. Nvidia demeure le principal bénéficiaire grâce à une part de marché supérieure à 80 % dans les processeurs graphiques destinés aux centres de données et à son environnement logiciel CUDA. Le groupe devrait encore afficher une croissance de 70 % pour son exercice 2027-2028 selon les prévisions rapportées. Son action gagne 21 % depuis le début de l’année et 434 % sur trois ans, pour une capitalisation supérieure à 5 000 milliards de dollars.

L’enthousiasme reste cependant très sensible aux annonces. Meta avait bondi de 11,3 % en une séance après le succès de son agent Muse dans l’App Store américain. Cette réaction montre que les valorisations incorporent déjà des attentes élevées et peuvent être vulnérables à toute déception sur l’adoption, les marges ou le rendement du capital investi.

Les risques ne se limitent pas aux multiples boursiers. Des dirigeants du secteur alertent sur la vitesse de développement des modèles et sur les dommages potentiels liés aux agents autonomes. La hausse des taux et les tensions géopolitiques augmentent également le coût du capital.

Pour les investisseurs, la question centrale n’est donc plus de savoir si les dépenses vont augmenter, mais si elles généreront assez de revenus et de productivité pour justifier leur ampleur.