Subaru accélère sa transformation vers le véhicule défini par logiciel. Le constructeur japonais prévoit de lancer ses premiers modèles de cette catégorie au cours de la seconde moitié de la décennie et vise une réduction d’environ 40 % du temps nécessaire au développement de ses véhicules.

La stratégie repose sur une nouvelle unité de contrôle électronique intégrée, appelée ECU, qui doit être progressivement déployée sur l’ensemble de la gamme. Subaru veut également uniformiser ses plateformes électroniques entre véhicules électriques, hybrides et thermiques. Cette standardisation peut réduire la complexité industrielle, faciliter la réutilisation des composants et accélérer l’introduction de nouvelles fonctions.

Le constructeur compte parallèlement augmenter le recours aux simulations numériques lors du prototypage et mener en même temps la conception, les essais et la préparation de la production. Si cette organisation atteint l’objectif annoncé, Subaru pourrait renouveler sa gamme plus rapidement et limiter une partie des coûts liés aux cycles de développement traditionnels.

La dimension logicielle doit aussi prolonger la relation avec le véhicule après sa vente. Subaru prévoit des mises à jour à distance pour l’aide à la conduite, la conduite automatisée et certaines performances. Ce modèle ouvre la possibilité d’améliorer les véhicules déjà livrés et, à terme, de proposer des services numériques. Aucun objectif de revenus récurrents n’a toutefois été communiqué.

La puce centrale de l’ECU a été développée conjointement avec AMD, ce qui donne au fabricant américain de semi-conducteurs une place dans cette nouvelle architecture. Malgré la participation de 21 % de Toyota au capital de Subaru, le groupe n’envisage pas pour l’instant d’adopter la plateforme Arene de Toyota. Cette autonomie peut préserver sa différenciation, mais elle oblige aussi Subaru à financer et maintenir sa propre pile technologique.

Pour les investisseurs, l’exécution sera décisive : réduction réelle des délais, maîtrise des dépenses logicielles, fiabilité des mises à jour et capacité à convertir les fonctions numériques en valeur économique.