Les États-Unis ont intensifié les mesures visant à réduire les revenus pétroliers de l'Iran, combinant frappes maritimes — rapportées par Axios et illustrées par des images du Centcom — et sanctions financières. Mercredi 2 septembre, deux navires pétroliers iraniens ancrés au nord de la ligne du blocus ont été touchés par des tirs de drones selon les sources citées; Vanguard Tech et TankerTrackers identifient probablement les Sinopa et Hawk, liés à la National Iranian Tanker Company. Axios qualifie cette stratégie de "tanker pour tanker" tandis que d'autres navires commerciaux (Sidr, Senegal Prosperity) ont aussi été atteints en lien avec les tensions dans la région.

Le blocus maritime appliqué entre le golfe d'Oman et la mer d'Arabie a rendu impossible l'exportation de brut iranien depuis environ sept semaines: le dernier départ observé daterait du 12 juillet. Samir Madani recense 31 pétroliers en Iran transportant 36,75 millions de barils. Avant la guerre, l'Iran exportait près de 1,8 million de barils par jour, générant environ 5 milliards de dollars par mois en revenus liés au pétrole et aux produits pétroliers.

Face au blocus, Téhéran a réduit sa production plutôt que d'accumuler d'importants stocks domestiques, selon Kpler. Une partie des approvisionnements avait été évacuée vers l'Asie lors du mémorandum d'entente de fin juin; ces réserves étaient alors proches de 90 millions de barils et ne seraient plus qu'entre 30 et 40 millions aujourd'hui, en attente notamment en Chine. Au rythme d'un million de barils par jour, ces cargaisons seraient vidées à la mi-octobre.

Les projections de Kpler font état d'une érosion progressive des recettes pétrolières: il faudrait deux mois pour que l'Iran perçoive l'intégralité des revenus associés, puis, début ou mi-décembre, les revenus pétroliers pourraient tomber à zéro. Ces recettes constituent la majeure partie des réserves en devises étrangères du pays. Conjuguées au gel d'actifs et aux sanctions secondaires prévues par l'opération "Economic Outcast", ces mesures aggravent une économie déjà frappée par une inflation supérieure à 80% et des mesures de soutien annoncées par les autorités pour limiter le mécontentement social.