Les obligations américaines ont retrouvé des acheteurs mardi, sans pour autant effacer la forte tension accumulée sur les taux. Le rendement du Treasury à dix ans a reculé de 4 points de base, à 5,096 %, tandis que le trente ans perdait 5 points de base, à 5,423 %. Le deux ans, plus directement sensible aux anticipations de politique monétaire, a diminué de 0,8 point de base à 4,753 %.
Deux facteurs ont soutenu le marché. D’abord, la correction récente de certaines valeurs liées aux infrastructures d’intelligence artificielle a ravivé la demande d’actifs refuges. La hausse du coût du capital nourrit les doutes sur le financement de dépenses massives dans les centres de données et les équipements. Ensuite, les indicateurs immobiliers ont montré une transmission nette des taux élevés à l’économie : les ventes de logements en attente ont chuté de 7,3 %, leur indice tombant à 66,0, le niveau le plus bas depuis le début de la série en 2001.
Les anticipations concernant la Réserve fédérale se sont également détendues. La probabilité implicite d’une hausse d’au moins 25 points de base lors de la réunion suivante est revenue à 14,9 %, contre 22,1 % une semaine auparavant et 57,6 % un mois plus tôt.
La séance reste toutefois fragile. L’inflation anticipée à cinq ans ressort autour de 2,379 % et celle à dix ans autour de 2,346 %, des niveaux encore supérieurs à la cible de 2 %. En outre, le Trésor doit placer 13 milliards de dollars d’obligations à vingt ans puis 26 milliards de dollars de TIPS à cinq ans. La qualité de la demande lors de ces adjudications permettra de mesurer si le reflux des rendements est durable ou seulement tactique.
Pour les investisseurs, cette détente favorise mécaniquement les obligations longues et les actions de croissance, mais leur sensibilité aux données macroéconomiques demeure élevée.
