Le marché obligataire américain est resté sous pression jeudi 24 septembre après la forte hausse des rendements observée la veille. Le rendement du Treasury à dix ans a progressé d’environ 1,1 point de base à 5,125 %, tandis que celui du trente ans avançait de 1,8 point de base à 5,42 %. Plus tôt dans la séance, la maturité trente ans avait atteint son niveau le plus élevé depuis 2004.
La correction obligataire s’inscrit dans un contexte de croissance américaine encore robuste, d’inflation persistante et de prix de l’énergie élevés. Des indicateurs d’activité meilleurs qu’attendu avaient déjà renforcé les anticipations de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale. Après une adjudication jugée décevante sur le cinq ans, les investisseurs surveillaient aussi l’adjudication du Treasury à sept ans prévue plus tard dans la journée.
La courbe des taux reste particulièrement suivie. L’écart entre les rendements à deux et dix ans s’établissait autour de 24,7 points de base, tandis que le deux ans reculait légèrement vers 4,877 %. Cette configuration traduit un marché qui distingue la trajectoire de la politique monétaire à court terme du risque inflationniste et budgétaire de plus long terme. La tension sur les taux américains se diffuse également aux obligations européennes et constitue un facteur de valorisation important pour les actions mondiales.
Le comportement des adjudications du Trésor constitue un test important dans cet environnement. Une demande moins solide lors des émissions peut accentuer la pression haussière sur les rendements, alors qu’une adjudication bien absorbée peut temporairement stabiliser le marché. Les investisseurs surveillent donc à la fois les données macroéconomiques et la capacité du marché à absorber l’offre de dette.
