TotalEnergies ne tourne pas la page des hydrocarbures.

Le groupe prévoit désormais une croissance annuelle de sa production de pétrole et de gaz comprise entre 2 % et 3 % entre 2030 et 2035, après avoir déjà visé environ 3 % par an jusqu’en 2030.

Cette trajectoire doit notamment reposer sur les projets développés en Namibie, au Nigeria, en Libye, en Malaisie, au Mozambique et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’objectif est de maintenir une production autour de 3 millions de barils équivalent pétrole par jour à l’horizon 2035.

Entre 14 et 17 milliards de dollars investis chaque année

Cette stratégie nécessite des investissements considérables. Entre 2027 et 2032, TotalEnergies prévoit de consacrer 14 à 17 milliards de dollars par an à ses différents projets.

L’électricité conserve néanmoins une place importante. Environ 4 milliards de dollars par an devraient lui être consacrés et TotalEnergies ambitionne d’ajouter chaque année entre 10 et 12 TWh à son portefeuille. À terme, l’électricité pourrait représenter 25 % de son mix énergétique en 2035.

L’enjeu n’est toutefois plus uniquement la croissance. TotalEnergies cherche désormais à améliorer la rentabilité de cette activité. Après un équilibre attendu en 2026, l’électricité devrait générer un flux de trésorerie disponible positif, avec un objectif de rentabilité des capitaux employés de 12 % en 2030.

Des milliards redistribués aux actionnaires

Pour les investisseurs, l’autre information importante concerne la rémunération du capital.

TotalEnergies prévoit de racheter 2,5 milliards de dollars de ses propres actions d’ici fin 2026, puis entre 2 et 2,5 milliards supplémentaires au premier trimestre 2027.

Le groupe vise parallèlement une augmentation de son dividende d’au moins 5 % par an jusqu’en 2030.

Ces rachats réduisent progressivement le nombre d’actions en circulation. Toutes choses égales par ailleurs, cela augmente mécaniquement la part des bénéfices revenant à chaque action restante.

Pourquoi l’action TotalEnergies reste à surveiller

La stratégie devient particulièrement lisible : maintenir une forte génération de trésorerie grâce aux hydrocarbures, redistribuer une partie importante de cette trésorerie aux actionnaires et développer progressivement l’électricité avec une exigence accrue de rentabilité.

Le principal risque reste naturellement la dépendance aux prix du pétrole et du gaz. Une baisse durable des cours de l’énergie pourrait peser sur les flux de trésorerie et rendre cette politique de redistribution moins facile à maintenir.

Pour l’investisseur de long terme, les prochains résultats permettront surtout de vérifier si TotalEnergies parvient à conjuguer croissance de la production, investissements, désendettement et rémunération des actionnaires.