Dan Ives conserve une vision très offensive du secteur technologique américain dans ses nouvelles fonctions chez Yorkville Ives & Co. L’analyste estime que l’intelligence artificielle est devenue une force macroéconomique majeure et anticipe environ 4 000 milliards de dollars d’investissements au cours des prochaines années. Cette prévision englobe un vaste écosystème : infrastructures, cloud, logiciels, cybersécurité, véhicules autonomes, robotique, spatial, informatique quantique, médias et paiements.
Dans ce cadre, ses cinq valeurs favorites pour 2027 sont, dans l’ordre, Nvidia, Microsoft, Palantir, Apple et CrowdStrike. Il a également commencé à suivre 49 entreprises technologiques. Alphabet, Amazon, Meta, Tesla et Disney figurent parmi les titres classés en surperformance. Moins de dix sociétés reçoivent une opinion neutre, dont Netflix, et aucune recommandation négative n’a été attribuée.
Cette répartition illustre une conviction sectorielle très élevée. Elle suppose que la vague d’investissements dans l’IA se traduira par des revenus durables pour les fournisseurs de puces, les plateformes de cloud et les éditeurs de logiciels, puis se diffusera à d’autres activités numériques. Pour les investisseurs, le point critique n’est toutefois pas seulement le montant des dépenses annoncé : il faut aussi déterminer quelles entreprises peuvent convertir ces investissements en bénéfices et en flux de trésorerie après le coût du capital.
La hiérarchie proposée mélange des profils différents. Nvidia est directement exposée aux dépenses d’infrastructure, Microsoft associe cloud et logiciels, Palantir mise sur l’exploitation des données, Apple dépend davantage de l’adoption par les consommateurs, tandis que CrowdStrike représente la cybersécurité. Une thèse commune sur l’IA ne signifie donc pas que leurs risques opérationnels, leurs valorisations ou leurs calendriers de résultats sont identiques.
Ives a récemment quitté Wedbush et lancé Yorkville Ives & Co avec Yorkville Securities. Le démarrage simultané d’une couverture aussi large donne de la visibilité à sa nouvelle structure, mais les recommandations restent des opinions d’analyste. Dans un secteur déjà soutenu par de fortes attentes, la discipline de valorisation et la vérification des résultats publiés demeurent essentielles.


