France, 65 ans, vient de liquider sa maison et détient 245 000 $ qu’elle ne souhaite pas investir en Bourse. Retraitée prochainement, elle touchera environ 4 700 $ net par mois grâce à son fonds de pension, une bonification potentielle du RRQ et à la SV. Son loyer actuel est de 2 025 $/mois et pourra augmenter jusqu’à 7 % annuellement pour les cinq prochaines années, ce qui alourdit notablement son budget de retraite.

Le planificateur financier rappelle d’abord l’importance de chiffrer son coût de vie annuel pour savoir si elle doit commencer ses rentes du RRQ et de la SV dès la retraite ou les reporter. Reporter le RRQ jusqu’à 72 ans et la SV jusqu’à 70 ans peut bonifier ces rentes (respectivement +8,4 % et +7,2 % par année différée) et la rendre mieux protégée contre l’inflation sur le long terme. Il souligne aussi qu’elle n’a jamais cotisé en REER alors qu’elle se situe au plus haut échelon salarial en enseignement (~100 000 $), avec un taux marginal de 36,12 % actuellement : un placement de 10 000 $ en REER pourrait générer un remboursement d’impôt d’environ 3 600 $.

L’expert déconstruit l’idée de placements « sans risque » : l’inflation moyenne (Banque du Canada, 2006–2026) a été de 2,19 %, et sans rendement réel ses 245 000 $ pourraient perdre beaucoup de pouvoir d’achat (ex. : une valeur équivalente à 158 740 $ en 20 ans si aucun rendement). Pour concilier prudence et protection contre l’inflation, il propose une allocation prudente (70–80 % titres à revenu fixe, 20–30 % actions), des fonds de revenus, des produits à capital garanti (fonds distincts indiciels, CPG 5 ans) et l’utilisation optimale des véhicules fiscaux : CELI (droits de cotisation estimés à 109 000 $) puis REER.

Il conseille aussi de conserver des liquidités par horizon (1 an, 3 ans, 5 ans) : fonds du marché monétaire pour la première année (rendement ~2 %), puis fonds en catégorie de société pour favoriser le gain en capital sur le reste. Enfin, il recommande de retirer annuellement de l’épargne non enregistrée pour maximiser les droits CELI et de revoir la stratégie chaque année avec un planificateur financier.