La Maison Blanche a décidé d’imposer des droits de douane ciblés sur les drones et certains composants importés afin de soutenir l’industrie nationale et réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers. Deux taux principaux ont été annoncés : 100% pour les drones dont le poids au décollage dépasse 25 kg, pour les drones équipés de caméras thermiques, pour les stations d’accueil et pour certains composants ; et 25% pour les drones plus petits. La majorité de ces mesures doit entrer en vigueur le 3 septembre.
Le gouvernement justifie ces mesures par des motifs de sécurité nationale, rappelant le double usage des drones à la fois civil et militaire et les risques d’espionnage, d’exfiltration de données ou d’attaques via des dispositifs non autorisés. Une note officielle de décembre 2025 demandait déjà la construction nationale de drones et composants pour réduire ces vulnérabilités. La FCC a par ailleurs inscrit les drones et composants sur une liste permettant, à terme, d’interdire certaines importations.
La mesure vise en priorité les drones industriels et commerciaux, moins les appareils grand public, comme le souligne Clayton Swope du CSIS. L’enjeu économique est réel : DJI, société chinoise fondée en 2006, contrôle plus des deux tiers du marché mondial selon plusieurs études, et ses produits sont largement utilisés, y compris en zones de conflit comme l’Ukraine. DJI est sous restrictions américaines depuis 2022 et a contesté ces sanctions en 2024.
Les droits de douane s’inscrivent dans une stratégie plus large de Washington pour relocaliser la production sensible et garantir que l’armée et les agences fédérales ne dépendent pas de chaînes d’approvisionnement potentiellement compromises. Les autorités entendent ainsi créer des incitations tarifaires fortes pour faire croître la fabrication nationale de systèmes et pièces de drones.


