UBS étudie plusieurs options stratégiques au cas où les nouvelles exigences bancaires envisagées en Suisse deviendraient excessivement contraignantes à ses yeux. Selon trois sources proches du dossier, les scénarios examinés incluent un transfert du siège social à l’étranger ou une fusion avec un autre établissement.

Le projet suisse vise à éviter la répétition d’une crise comparable à celle de Credit Suisse. Il prévoirait notamment qu’UBS couvre en Suisse l’intégralité de la valeur comptable de ses filiales étrangères avec des fonds propres de première catégorie, dits CET1. Une commission de la chambre basse du Parlement fédéral doit examiner dans le courant du mois les dispositions adoptées en septembre par la chambre haute. UBS a déjà laissé entendre qu’elle jugeait ces mesures intolérables.

Un groupe interne travaillerait sur différentes hypothèses. Il aurait notamment dressé une liste de petites banques américaines susceptibles d’être rachetées et étudié la possibilité qu’UBS soit elle-même impliquée dans une opération. Les sources précisent toutefois qu’aucune discussion n’est actuellement en cours. La banque refuse de commenter ce qu’elle qualifie de spéculations ou d’opinions.

Le Royaume-Uni aurait discuté cette année avec UBS d’un éventuel transfert à Londres si le groupe décidait de quitter la Suisse. Par ailleurs, UBS a obtenu en mars une licence bancaire aux États-Unis et souhaite y développer ses activités. Le durcissement envisagé par les autorités suisses cherche précisément à limiter le risque supporté par les contribuables si des pertes survenaient dans les filiales étrangères, notamment américaines.

Morgan Stanley serait considéré en théorie comme un partenaire possible, selon des personnes proches de la réflexion. UBS répète néanmoins ne pas envisager de déménagement et attacher une grande importance à ses racines suisses.

Pour les investisseurs, le dossier demeure exploratoire. Son enjeu immédiat concerne surtout le coût futur du capital et la liberté stratégique d’UBS, davantage qu’une transaction déjà engagée.