La forte vague de ventes sur le marché obligataire a créé des opportunités de collecte de carry, mais UBS préconise la prudence sur la duration : la banque juge le rapport risque/rendement moins attractif sur les longues échéances en raison d’une volatilité des taux accrue et d’une abondance d’émissions, notamment liées aux projets d’intelligence artificielle. Les spreads de crédit n’ont pas connu d’élargissement généralisé, mais la volatilité des spreads augmente sur les obligations investment grade à longue échéance et certains segments du high yield, signalant une nervosité accrue pour les maturités longues.
Tactiquement, UBS recommande de réduire l’exposition aux obligations américaines à haut rendement et de « monter en qualité » vers des obligations investment grade mondiales dans la fenêtre 3-5 ans. Le modèle maison juge particulièrement attractif le court européen après la révision récente des anticipations de politique monétaire, tandis que les IG américaines 3-5 ans obtiennent aussi de bons scores grâce à une volatilité de spread plus faible et une corrélation moindre avec les actions.
Sur le plan dérivés, le modèle tactique d’UBS préconise de réduire l’exposition à l’iTraxx Main, prendre des bénéfices sur l’iTraxx Xover, réallouer vers le CDX High Yield et conserver une position courte sur le crédit des marchés émergents. UBS favorise par ailleurs la trésorerie face à l’exposition synthétique au crédit, et préfère le crédit européen au crédit américain pour le moment.
La banque met en exergue un seuil critique : le rendement du bon du Trésor américain à 10 ans approchant 5%. Un franchissement, surtout si les marchés anticipent un véritable cycle de hausses de la Fed, pourrait compliquer l’isolation des marchés du crédit face à la vague de ventes sur les taux. UBS souligne enfin le risque induit par le positionnement des CTA, qui pourraient être forcés de réduire leurs positions longues — voire de vendre — en cas d’accroissement brutal de la volatilité.

