Le dialogue entre Kiev et Washington reprend dans un contexte où l’enjeu militaire se confond de plus en plus avec le risque énergétique. Volodymyr Zelensky a annoncé dimanche s’être entretenu avec Steve Witkoff et Jared Kushner, deux émissaires américains. Le président ukrainien a insisté sur la volonté de travailler de manière constructive avec les États-Unis et les partenaires européens.
L’échange intervient après plusieurs frictions publiques. Zelensky avait estimé qu’un soutien officiel de Washington à la Russie constituerait une erreur historique. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a de son côté qualifié d’irresponsables certaines accusations ukrainiennes concernant les restrictions appliquées à la déclinaison militaire de Starlink. Malgré cette tension, Kiev a confirmé la reprise du partage américain de renseignements, interrompu auparavant, et les discussions ont porté sur la fourniture de systèmes de défense antiaérienne Patriot.
Pour les investisseurs, le signal diplomatique est modérément rassurant : les canaux de communication restent ouverts et la coopération opérationnelle n’est pas rompue. Il ne suffit toutefois pas à réduire le risque de marché. Les frappes sur les infrastructures énergétiques russes et ukrainiennes se poursuivent, malgré l’annonce par Donald Trump, le 11 octobre, d’une trêve énergétique qui n’a pas entraîné d’arrêt durable.
Un incendie a notamment touché un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg après une attaque de drones. Les autorités régionales russes ont indiqué que 145 drones avaient été abattus dans la ville et ses environs et qu’environ 20 000 personnes avaient été privées d’électricité. Moscou affirme également avoir neutralisé 1 015 drones au-dessus de plusieurs régions, chiffres communiqués par les autorités russes. En Ukraine, des infrastructures électriques ont été visées dans plusieurs régions et Zelensky a déclaré que des dizaines de milliers de familles restaient sans courant.
La dimension financière est double. Les attaques contre les raffineries et terminaux russes peuvent perturber l’offre et soutenir les prix des carburants, tandis que les dommages au réseau ukrainien renforcent les besoins de financement, d’équipement et de défense. Tant que la coopération entre Kiev et Washington reste incertaine et que les infrastructures énergétiques demeurent des cibles, le pétrole, le gaz, les valeurs de défense et les actifs européens sensibles au risque géopolitique resteront exposés aux nouvelles diplomatiques.


