Le fork de Luke Dashjr, qui applique BIP-110 pour retirer des données non financières des blocs et change l’algorithme de minage vers BLAKE2b, est devenu actif le 1er septembre. L’intention affichée est de permettre aux ordinateurs classiques de miner à nouveau, mais la réalité opérationnelle a rapidement mis en lumière l’ampleur du rejet : la puissance de calcul a chuté presque immédiatement après le lancement et la nouvelle chaîne n’a attiré quasiment aucun hashrate.
La communauté et l’écosystème ont largement snobé la scission. Des acteurs majeurs — mineurs, exchanges et traders — ont continué de soutenir la chaîne d’origine. Adam Back, PDG de Blockstream, a publiquement raillé le split, tandis que Bitcoin Knots, le logiciel de nœud maintenu par Dashjr, et ses revendications ont été critiqués par des intervenants comme David Schwartz. Une précédente tentative BIP-110 en août s’était déjà éteinte après deux blocs, et le pool OCEAN avait reçu des demandes de clarification après avoir redirigé le hashrate de ses clients sans consentement clair.
Sur les marchés, l’impact est anecdotique : le réseau Bitcoin d’origine a continué de produire des blocs normalement et le BTC s’échangeait autour de 76 942 $, en baisse d’environ 1,33 % sur 24 heures. Aucun exchange majeur n’a listé la nouvelle pièce ; une petite plateforme bêta a ouvert des dépôts sous le ticker non officiel BTCB2. Les ordres d’achat sur cette plateforme ont culminé à 82 $ tandis que le prix de vente le plus bas était à 190 $, un écart de 131,7 % révélateur d’une absence quasi totale de liquidité.
Malgré la marginalisation technique et économique, Dashjr persiste à présenter la chaîne minoritaire comme la « véritable » Bitcoin, revendiquant le ticker BTC pour BLAKE2b. Les données on-chain et le comportement des acteurs du marché contredisent toutefois cette affirmation : sans machines SHA-256 compatibles, sans hashrate significatif et sans listings, la chaîne reste une expérience marginale plutôt qu’un fork viable.


