Becle, le groupe mexicain propriétaire de Jose Cuervo, a publié un trimestre nettement inférieur aux attentes. Son bénéfice net a chuté de 85 % sur un an, à 633 millions de pesos, soit environ 35 millions de dollars. Les analystes interrogés par LSEG attendaient 1,07 milliard de pesos. Le chiffre d’affaires a reculé de 15 %, à 9,25 milliards de pesos, contre 9,96 milliards anticipés.
La faiblesse ne se limite pas à un effet comptable. Les volumes vendus ont diminué de 9 %, à 5,7 millions de caisses de neuf litres. Aux États-Unis et au Canada, qui constituent une zone essentielle pour la tequila, les volumes ont baissé de 3 %. La société indique que la tendance s’est améliorée par rapport au début de l’année grâce à des changements dans son réseau de distribution, mais cette amélioration reste insuffisante pour effacer le recul.
Au Mexique, les volumes ont chuté de 12 %, en partie à cause de la cession de la marque de boissons énergisantes b:oost. Dans le reste du monde, la baisse atteint 20 %, même si certains envois ont été reportés au quatrième trimestre. Ce décalage pourrait permettre un rattrapage partiel, mais il ne garantit pas un retour durable de la croissance.
Le peso mexicain a également pesé sur les comptes. Une devise locale plus forte réduit la valeur des ventes réalisées à l’étranger lorsqu’elles sont converties en pesos. Cet effet de change complique la lecture du trimestre, mais il n’explique pas à lui seul la baisse des volumes et la contraction du bénéfice.
Pour les investisseurs, l’enjeu principal concerne la normalisation du marché des spiritueux après plusieurs années de forte croissance de la tequila. Les distributeurs peuvent ajuster leurs stocks, tandis que les consommateurs deviennent plus prudents face à l’inflation et au ralentissement économique. Une marque reconnue protège partiellement les prix, mais elle ne rend pas la demande insensible au cycle.
Le prochain trimestre permettra de distinguer les effets temporaires des difficultés plus structurelles. Un rattrapage des livraisons internationales et une amélioration en Amérique du Nord seraient encourageants. À l’inverse, une nouvelle baisse des volumes confirmerait que le secteur entre dans une phase de croissance plus faible.
La chute du bénéfice impose donc de rester prudent. Avant de considérer le titre comme décoté, il faut vérifier la stabilisation des ventes, la marge opérationnelle et la capacité du groupe à défendre ses prix sans perdre davantage de volumes.


