Un wallet Bitcoin a vu 1,60 BTC partir en frais réseau sans qu'aucune pièce ne soit livrée : la seule entrée de la transaction affichait 160 343 885 satoshis et la sortie était vide. La transaction a été validée le 12 août dans le bloc n°962142, et SpiderPool a miné ce bloc, récoltant une part massive des frais — l'erreur représentait environ 88 % des frais totaux (~1,82 BTC) du bloc.
L'origine technique est un script automatisé reposant sur Replace-by-Fee (RBF). Cette fonctionnalité permet de remplacer une TX non confirmée par une version à frais plus élevés pour accélérer la confirmation. Dans ce cas, un bot a augmenté les frais d'un cran chaque seconde, sans plafond ni intervention humaine, grignotant progressivement le solde du wallet jusqu'à annuler toute sortie payante. Les nœuds Bitcoin ont tout de même accepté la version finale : le protocole n'impose pas de limite de frais par transaction.
Le cas met en lumière une fragilité opérationnelle : l'automatisation peut devenir auto-destructrice si elle n'est pas bornée. Outre l'incident, l'article rappelle d'autres pertes récentes, notamment le hack d'utilisateurs de Coldcard, et cite Changpeng Zhao (fondateur de Binance) pour souligner que « aucun wallet n'est infaillible ». Le BTC se négociait autour de 63 770 $ au moment du rapport, ce qui valorisait la perte à plus de 102 200 $ selon le cours du marché.
Pour les mineurs, cette perte inattendue est bienvenue : les revenus miniers étant en baisse et plusieurs acteurs quittant le réseau, un paiement aussi élevé constitue un jackpot pour le pool ayant miné le bloc. Pour les concepteurs de wallets et les utilisateurs, la question soulevée est claire : doit-on permettre qu'une transaction unique consacre tout un solde aux frais sans confirmation explicite de l'utilisateur ?


