UniCredit a obtenu l’autorisation de la Banque centrale européenne pour prendre le contrôle de Commerzbank. Ce feu vert permet à la banque italienne de franchir le seuil de 30 % du capital de son concurrent allemand et, selon son communiqué, d’augmenter encore sa participation sans limite maximale fixée par cette décision.
L’accord de la BCE était nécessaire pour que UniCredit puisse prendre livraison des actions apportées à son offre publique d’achat hostile, valorisée à 45 milliards d’euros. Cette opération a porté sa participation dans Commerzbank à 48 %. La banque italienne indique viser environ 50 % des droits de vote et le contrôle d’ici la fin de l’année, sous réserve des dernières démarches réglementaires et des autres conditions liées à l’offre.
La trajectoire a commencé il y a plus de deux ans sous l’impulsion du directeur général Andrea Orcel. UniCredit dispose déjà d’une présence historique en Allemagne à travers HVB, exploité depuis 2005. Son avancée sur Commerzbank s’est toutefois heurtée à l’opposition de la banque ciblée et aux critiques du gouvernement allemand, ce qui maintient une dimension politique autour de l’opération malgré l’autorisation prudentielle.
Avec sa participation actuelle, UniCredit dispose déjà d’une influence importante sur les décisions ordinaires des actionnaires. Elle reste néanmoins sous le seuil de 50 % qui l’obligerait à racheter les participations minoritaires de mBank, la filiale polonaise de Commerzbank. Andrea Orcel souhaite que Commerzbank applique dès janvier une stratégie destinée à relancer ses bénéfices, tandis qu’une fusion complète ne serait envisagée qu’en 2029 ou 2030.
Pour les investisseurs, le feu vert de la BCE réduit un risque réglementaire majeur mais ne clôt pas le dossier. La création de valeur dépendra du prix final payé, de la gouvernance, de l’exécution opérationnelle et de la capacité à gérer les contraintes politiques et minoritaires.

