Merck et Moderna ont communiqué des résultats positifs lors de la phase 3 d’un vaccin expérimental à ARN messager ciblant le mélanome, baptisé intismeran autogene. L’étude, menée sur 1 137 patients opérés pour un mélanome avancé, montre une amélioration « statistiquement significative » de la survie sans récidive lorsque la thérapie personnalisée est administrée en association avec Keytruda (immunothérapie de Merck) comparée à Keytruda seul. Le traitement est conçu sur mesure à partir des mutations spécifiques de la tumeur de chaque patient et vise à entraîner le système immunitaire à reconnaître et attaquer les cellules cancéreuses en dictant aux cellules comment produire des protéines immunogènes.

L’annonce a eu un impact immédiat sur les marchés : le titre Moderna a été multiplié par plus de 2,5, entraînant un gain de capitalisation d’environ 40 milliards de dollars, tandis que l’action Merck a progressé de plus de 12 %. Les laboratoires prévoient de présenter les données complètes lors d’un prochain congrès médical et d’engager des démarches réglementaires pour obtenir une autorisation du traitement.

Des spécialistes saluent la portée de cette avancée. Pour l’oncologue Marco Gerlinger, ces résultats constituent une « preuve de concept » que les vaccins anticancéreux personnalisés peuvent fonctionner, et Lennard Lee souligne que les résultats sont « très encourageants » tout en demandant à consulter les données complètes, rappelant le manque de détails du communiqué. Moderna, devenue célèbre pour ses vaccins Covid-19 à ARNm, et Merck mettent en avant la transformation d’une idée longtemps théorique en une réalité clinique potentielle.

Les laboratoires rappellent que le mélanome reste l’une des formes les plus mortelles du cancer de la peau, avec plus de 330 000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 2022, chiffre en hausse.