En août 2025, le mégafeu des Corbières a détruit 17 000 hectares et affecté 36 habitations. L’événement a servi d’accélérateur à une tendance déjà à l’œuvre : si la fréquence des incendies déclarés baisse au niveau national, le coût moyen des sinistres augmente fortement. Sur vingt ans, ce coût moyen a bondi de 118 %, avec une hausse de 12 % rien que pour l’année 2025, selon les données citées par l’article.

Plusieurs facteurs concrets expliquent cette envolée des indemnisations. L’inflation dans le secteur de la construction pèse fortement : les charpentes et menuiseries ont vu leurs prix croître d’environ 30 % ces dernières années (chiffres Insee rapportés). Par ailleurs, les logements contiennent aujourd’hui des équipements plus coûteux — électroménager de valeur, domotique, panneaux solaires, pompes à chaleur, bornes de recharge — qui alourdissent les dossiers d’indemnisation.

Sur le plan tarifaire, les répercussions sont déjà mesurables localement. Dans l’Aude, la cotisation moyenne d’assurance habitation est passée de 281 € en 2025 à 325 € en 2026, soit +15,5 % sur un an, contre une hausse moyenne nationale de 13 %. En Occitanie, la prime moyenne atteint désormais 346 €, en hausse de 13,9 %.

Les assureurs affinent leur tarification à l’aide de cartographies fines d’exposition au risque, « rue par rue », afin de répercuter les coûts des événements climatiques — le cumul de ces coûts pourrait, selon l’article, atteindre 143 milliards d’euros entre 2020 et 2050. L’article rappelle aussi des règles pratiques : les dégâts liés aux feux de végétation sont couverts par la garantie incendie classique et doivent être déclarés dans les cinq jours ouvrés ; les montants remboursés dépendent des plafonds, franchises et du capital mobilier déclaré.

Enfin, une fragilité structurelle apparaît : moins de 5 % de la forêt privée française est assurée, ce qui laisse peser la charge financière des incendies principalement sur les habitations assurées.