Le moral des ménages américains s’est nettement détérioré en septembre selon la première estimation de l’Université du Michigan. L’indice global de confiance est tombé à 47,8, après 51,7 en août. Les économistes tablaient sur un recul beaucoup plus limité, avec un consensus situé à 51.

La baisse touche à la fois l’évaluation de la situation présente et les attentes pour les mois à venir. Le sous-indice mesurant la perception des conditions actuelles a reculé à 50,9 contre 51,9 le mois précédent. La composante des anticipations a davantage chuté, passant de 51,5 à 45,8.

Les ménages sont également devenus plus pessimistes sur les prix. Leurs anticipations d’inflation pour les douze prochains mois sont remontées à 4,6 %, contre 4 % en août. Il s’agit du niveau le plus élevé depuis juin. Ce mouvement fait écho à la publication d’un indice des prix à la consommation supérieur aux attentes.

Pour la Réserve fédérale, la combinaison est inconfortable. Une confiance plus faible suggère un risque de ralentissement de la consommation, moteur essentiel de l’économie américaine. Dans le même temps, la hausse des anticipations d’inflation limite la possibilité d’assouplir la politique monétaire et peut justifier un discours plus ferme.

Pour les marchés, ces données renforcent le risque d’un scénario associant activité moins dynamique et taux durablement élevés. Les secteurs dépendants de la consommation discrétionnaire pourraient être les plus sensibles si le pessimisme se traduit par une réduction des dépenses. Les prochaines statistiques sur les ventes au détail et l’emploi permettront de vérifier si cette baisse de confiance a déjà un effet sur l’économie réelle.