Jeudi, les marchés américains ont nettement fléchi sous l'effet d'une remontée des prix de l'énergie et d'une inflation en reprise. Le baril de Brent s'établissait autour de 105 dollars, soit 45% de plus qu'avant le début du conflit au Moyen-Orient, et le WTI a franchi la barre des 100 dollars. Cette poussée des hydrocarbures alimente les anticipations d'inflation et pèse sur le sentiment des investisseurs, d'autant que le conflit avec l'Iran n'a pas de dénouement visible, selon Art Hogan (B. Riley Wealth Management).

Le rapport sur l'indice des prix à la production (PPI) publié jeudi montre une réaccélération à +5,4% en glissement annuel contre +4,8% en juillet, signalant des pressions sur les coûts de production susceptibles d'être répercutées sur les prix à la consommation. Les marchés obligataires ont réagi sèchement: le taux de la dette publique américaine à court terme a atteint 5,35% (plus haut depuis 2007) et le rendement à dix ans grimpe à 4,92% (plus haut depuis 2023). Ces niveaux dépassent nettement les taux observés avant les frappes israélo-américaines en Iran fin février (3,94% pour le 10 ans).

La combinaison pétrole élevé et PPI robuste renforce les attentes d'une nouvelle hausse des taux directeurs par la Réserve fédérale. L'outil CME FedWatch indique que les marchés misent majoritairement sur une hausse dès la réunion de septembre, puis une autre d'ici la fin de l'année. Les investisseurs attendent aussi l'indice des prix à la consommation (CPI) publié vendredi, qui pourrait confirmer ou infirmer ces anticipations.

Sur le front sectoriel, les valeurs technologiques dépendantes du financement ont souffert: Nvidia (-2,50%), AMD (-2,86%) et Micron (-3,87%) ont reculé, pénalisées par le renchérissement du coût de l'emprunt nécessaire au développement des centres de données IA. Même Macy's, malgré des résultats trimestriels en hausse et une révision à la hausse de ses prévisions annuelles, a cédé 2,52% à 20,96 dollars.